Apprendre à connaître les appellations : AOC, AOP, IGP, Vin de Table, Vin de France… Comment s’y retrouver ?

Appellations à la loupe-Vinibee
  • Partager cette actualité

La France connue dans le monde entier pour la diversité de ses appellations et la complexité de ses classifications, qui rebutent parfois les consommateurs non expérimentés, a dû amorcer sa mutation pour se conformer aux nouvelles règles en vigueur.

La transition des anciennes appellations vers les nouvelles est toujours en cours…

Entrée en vigueur en août 2009, la réforme de l’OCM (Organisation Commune des Marchés) impose à l’échelle européenne, une harmonisation progressive des différentes appellations et dénominations du vin. La réforme des appellations du vin en France se met en place progressivement depuis plus de deux ans mais entre les anciennes mentions toujours présentes et les nouvelles étiquettes émergentes, il n’est pas facile de s’y retrouver.

Les appellations, mode d’emploi :

Les AOC (Appellations d’Origine Contrôlée) deviennent des AOP (Appellations d’Origine Protégée).

vinibee-vins-bios-biodynamiques-et-naturels-actu-etiquettes-image-aoc

Apparue en France dans les années 1930, l’AOC est la plus réputée des appellations françaises, c’est la plus exigeante et est en théorie un gage de qualité, bien que la qualité ne soit pas toujours au RDV. L’AOC est établie en fonction d’une aire géographique délimitée où existe une notion de terroir et d’encépagement, elle défend les typicités régionale des vins et assure la continuité dans les pratiques viticoles et œnologiques, conformément aux usages locaux (elle fixe les cépages pouvant être utilisés mais aussi les rendements, le titre en alcool minimal, les caractéristiques attendues en dégustation,…).

Historiquement les AOC avaient d’abord pour but de délimiter précisément les aires d’appellation pour mettre fin aux fraudes et contrefaçons. Rapidement, elles ont été aussi « contrôlées », c’est-à-dire sujettes à une réglementation touchant aux cépages, aux rendements, aux pratiques viticoles et œnologiques, en principe inspirée des « usages locaux, loyaux et constants » en vigueur dans chaque région et censée garantir une « typicité » du vin. Un décret-loi de 1935 a créé l’Appellation d’Origine Contrôlée, applicable aux vins et eaux-de-vie ainsi que l’organisme chargé de leur définition, protection et contrôle (l’INAO, Institut National de l’Origine et de la Qualité).

En 2009 apparaît l’AOP, équivalent européen de l’AOC. Le renforcement du cahier des charges apporté par le passage en AOP devrait apporter un nouveau souffle sur la qualité.

Si l’appellation est une garantie d’authenticité, elle n’est pas nécessairement un gage de qualité. L’opportunité donnée de réécrire le cahier des charges est l’occasion de resserrer le niveau d’exigence.

Malgré l’arrivée des AOP, la mention AOC à laquelle les Français restent très attachés, ne disparaîtra pas. Les AOC sont supposées produire des vins sans amènent à produire des vins sans défauts, au goût standardisé et très homogène d’un millésime à un autre.

Les Vins de Pays sont remplacés par les IGP (Indications Géographiques Protégées)

vinibee-vins-bios-biodynamiques-et-naturels-actu-etiquettes-image-igp

Une période de transition permettra de faire figurer les deux mentions sur les étiquettes. Créés en 1968, les Vins de Pays devaient valoriser la production de vins ne relevant pas d’une appellation mais étant circonscrits à une zone géographie précise (Pays d’Oc par exemple). Ils ont été la réponse française à la demande internationale pour les « vins de cépages » (les AOC interdisant entre autres la mention du cépage sur les étiquettes). La législation des IGP est plus stricte que celle des Vins de France mais plus souple que celle des AOC : choix de cépages plus large, élaboration hors de la région d’origine autorisée, possibilité d’ajouter jusqu’à 15% de raisins provenant d’une autre zone, d’un autre millésime ou cépage que ceux figurant sur l’étiquette. Pas de grands changements en perspective malgré la réécriture des cahiers des charges et un changement d’organisme de tutelle (l’INAO, le même que pour les AOC). Ces IGP peuvent provenir d’une région, d’un département ou d’une zone plus localisée.

 

Les VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure) disparaissent. Cette catégorie incompréhensible pour le consommateur ne concernait plus que quelques appellations en France, la plupart en attente de statut d’AOC.

 

Les Vins de Table deviennent des Vins de France.

vinibee-vins-bios-biodynamiques-et-naturels-actu-etiquettes-image-vin-de-france

Il s’agit de la plus « ouverte » des appellations, sans indication géographique précise, et relevant d’une législation très libérale, tant au niveau de l’élaboration des vins (ils peuvent être assemblés à partir de raisins d’origines, de régions ou de millésimes différentes, à hauteur de 15%) qu’au niveau de l’information. La législation autorise aussi plus de mentions sur les étiquettes qu’auparavant : l’affichage du millésime et du cépage en particulier qui leur était jusqu’ici interdit. Pour le consommateur, c’est toujours une information de plus et pour le producteur, c’est la possibilité nouvelle, par exemple, de produire un Sauvignon blanc de France en assemblant des raisins provenant de Loire ou du Languedoc. Ce type d’assemblage était jusqu’ici impossible en France. Cette dénomination laisse plus de libertés aux vignerons, car elle ne les contraint pas dans un cahier des charges exigeant. Les Vins de France ne sont pas les « successeurs » des « Vin de Table » souvent connotés négativement, et permettent aux vignerons de faire découvrir des cépages autochtones oubliés et de laisser parler leurs talents multiples et personnels.

Nombreux sont les vignerons de Vinibee qui choisissent de faire des « Vin de France » et « Vin de France » ne veut pas dire vin au rabais, au contraire ! Ces hommes et ces femmes décident de sortir du cadre donné par les directives de l’AOC/AOP ou de l’IGP, afin de produire des vins hors des sentiers battus, qui expriment leur volonté de liberté dans le choix des cépages, des assemblages et des méthodes de vinification, le tout dans le but de proposer de véritables vins d’expression.

Vous aurez donc compris que cette dénomination concerne de nombreux vignerons produisant en Agriculture Biologique, en Biodynamie ou même en nature. Vous retrouverez d’ailleurs sur notre site beaucoup de beaux « Vins de France » !!

Et pour ceux qui veulent aller plus loin, un échange en mode « chat » intéressant entre Michel Bettane, co-auteur du « Guide des vins de France » et des internautes (source le Monde.fr) : « Seuls 20 % des vins d’appellation d’origine méritent ce statut »