Karim Vionnet : un nouveau vigneron dans la communauté Vinibee

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Karim Vionnet : du Morgon dans les veines et du Beur dans les Pinards !

Le jeu de mots est bon, le vin l’est aussi. Aujourd’hui, lui qui a pas mal subi le racisme mais était jusqu’à présent resté discret sur le sujet, sort cette nouvelle cuvée « un peu provoc »(dont le nom a été trouvé par Michel Quesnot et l’étiquette conçue par Michel Tolmer, tous deux bien connus dans le milieu du vin naturel) : « Du Beur dans les pinards ».

Comme il l’explique, quelqu’un lui a dit quand il s’est installé de « ne pas mettre Karim sur les étiquettes car ce serait pas vendeur ». Ce nom n’est pas forcément que de la provocation, c’est aussi une manière assez légère de s’affirmer à travers ses vins.

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Karim Vionnet le dit lui-même : « J’ai toujours voulu faire un vin qui me ressemble : naturel et sans prétention ». Pari réussi pour ce jeune vigneron qui a l’amour du travail bien fait et qui se voit récompensé aujourd’hui, car il produit des beaujolais parmi les plus excitants du moment. A goûter absolument !

Un vigneron d’origine imprécise étant « de la DDASS », mais qui revendique aujourd’hui, par étiquette interposée, son « arabitude ».

Recueilli à l’âge de 17 mois, élevé et adopté par un couple de Villié-Morgon, commune viticole du Beaujolais, il fait ses classes pendant plusieurs années chez Guy Breton (une grande référence du beaujolais naturel) et prend son envol en 2006. Il il exploite 3,7 ha sur la commune de Villié-Morgon, là où se trouvent déjà les plus grands du Beaujolais (Lapierre, Foillard, Descombes, Breton).

Depuis, ses vins sont bus et recherchés, vendus dans le monde entier : Europe, Etats-Unis, Japon (où, dit-il, ça boit quatre fois plus depuis le tsunami).

La diversité de la nature des sols de ses parcelles (marne, schiste, sable) donne une véritable expression du terroir à ses vins. La culture de la vigne est entièrement naturelle, sans aucun recours à des produits phytosanitaires, pesticides et autres, car la priorité de Karim, c’est son terroir qu’il laboure et chouchoute, en entretenant une vie organique intense dans les sols.

Quand à la vinification, il la réalise le plus naturellement possible : en macération carbonique, sur levures indigènes, (aucun ajout de levures extérieures), avec un filtrage très léger et sans aucun ajout de sucre et quasiment pas de soufre, uniquement 1mg/l au moment de la mise en bouteille (dose infinitésimale) pour s’assurer que le vin voyagera bien.

Ce Beaujolais Villages a une histoire. Pour commencer, il est issu des vignes de Jules Chauvet, le vinificateur emblématique du mouvement des vins naturels (dont pour l’anecdote De Gaulle lui-même buvait les vins jusqu’à parfois les préférer aux plus grands crus…).

En dégustation, la robe est brillante et pleine d’éclat, de couleur rubis légèrement violine.

Au nez et en bouche, c’est une explosion de fruits rouges, de framboise, de groseille, de cerise, de fraise, de cassis, sur des notes florales de lilas, l’ensemble soutenu par une minéralité marquée.

Un vin de plaisir sur le fruit, souple, gourmand, croquant et une jolie fraicheur en finale.

Une belle expression du terroir, bref un beaujolais village au top, à boire sans modération !