Le Romorantin est l’un des cépages les plus rares et les plus précieux de la viticulture française — il est le seul cépage au monde à être cultivé exclusivement dans une seule appellation : Cour-Cheverny, dans le Val de Loire. Son aire de production est infime — quelques centaines d’hectares seulement dans le Loir-et-Cher, sur des terroirs argilo-siliceux et sableux au sud du château de Chambord — ce qui en fait une curiosité ampélographique et un trésor patrimonial que les vignerons bio et naturels de la région défendent avec une passion particulière.
Son histoire est intimement liée à la royauté française : selon la tradition, François Ier aurait fait planter ce cépage à Romorantin lors de la construction du château de Chambord au XVIe siècle. Issu d’un croisement naturel entre le Gouais blanc et le Pinot, le Romorantin est donc un cousin du Chardonnay et du Melon de Bourgogne.
Les vins qu’il produit sont d’une singularité remarquable : blancs secs, tendus, minéraux, avec une acidité vive et une longévité étonnante. Les notes caractéristiques sont la fleur blanche, la noisette fraîche, le citron confit et une finale légèrement amère et crayeuse. Avec le temps, les Cour-Cheverny développent une complexité marquée par des nots beurrées et oxydatives qui rappellent certains grands blancs du Jura.
Chez Vinibee, le Domaine Tessier est notre référence sur ce cépage — des Cour-Cheverny bio d’une précision et d’une tension qui témoignent de tout le potentiel de ce cépage confidentiel.
Le Romorantin est un cépage blanc à débourrement tardif, ce qui le protège naturellement des gelées de printemps — un avantage précieux dans le Val de Loire. Ses grappes sont petites à moyennes, cylindriques, avec des baies dorées à maturité. C’est un cépage peu vigoureux et peu productif, ce qui contribue naturellement à la concentration de ses vins.
Sa principale caractéristique est son acidité naturellement élevée, qui lui confère une fraîcheur et une tension rares dans les blancs de Loire. Cette acidité, combinée à la minéralité des sols siliceux de Cour-Cheverny, donne des vins d’une grande verticalité — secs, droits, presque austères dans leur jeunesse, mais qui s’épanouissent magnifiquement après cinq à dix ans de garde. C’est l’un des rares blancs de Loire qui gagnent autant à vieillir — comparable en cela au Chenin de Vouvray ou au Savagnin du Jura.
Le Romorantin, sec et minéral, s’accorde avec les poissons en sauce, les crustacés, les ris de veau et les volailles à la crème — des accords classiques de la cuisine du Val de Loire. Sa tension et son acidité en font aussi un excellent compagnon des fromages de chèvre affinés (Selles-sur-Cher, Valençay, Crottin de Chavignol). Les cuvées de garde, plus complexes et légèrement oxydatives, se marient avec des plats plus riches : foie gras poêlé, risotto aux champignons, homard ou turbot. À servir entre 10 et 12°C pour les jeunes millésimes, légèrement plus chambrés (13-14°C) pour les vieux millésimes.
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